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mardi 26 janvier 2021

Au mot près!

Écrire quelque chose sur le net est tout de suite analysé, décortiqué, chaque mot, enlevé de son contexte, est scanné, comparé à un dictionnaire de mots interdits, subversifs. S’il y a une cellule de la phrase qui matche alors la machine s’emballe. Elle crie au scandale, au racisme, au machisme en fait à tout ce qui n’est pas lisse. Bizarrerie, on dirait que les critiques des biens pensants ne passent pas par la même moulinette, tous les mots leur semblent permis.

Du fond de la salle machine, appelée salle blanche comme symbole de pureté, l’algorithme veille, surveille même. Il passe au scanner tout ce qui s’écrit sur la toile. Comme l’araignée, il prend les phrases dans ses fils. On lui a appris les mots qui choquent ou pourraient déranger. Il prend chaque élément de la phrase, s’il pouvait il analyserait au bit près, là on en arriverait au substrat de la censure, à la fin du flot incessant déversé sur le net. Donc à la fin de sa raison d’être. Pour l’instant il travaille au mot près, aux maux près du peuple. Il peut être réveillé à tout moment, l’alerte donnée il contre attaque avec sa base de bienveillance. Il enclenche la routine de la bien pensance, celle alimentée par les ultras, les minorités qui défendent leur pré carré au risque de piétiner le peu de liberté de tous. La majorité est rendue silencieuse, seuls les plus virulents ont la parole.

Le flot de bit est permanent, pas un seul moment de répit, la rivière numérique nourrit les fleuves de 0 et 1. Un seul élément inversé et plus rien de cohérent. Les éléments se suivent, se bousculent, se mélangent mais à l’arrivée ils se rassemblent pour former une opinion, une blague, une insulte. Algo lui se dépatouille plus ou moins bien dans ce torrent il trie, range, permet ou censure. C’est lui qui a le dernier mot.

Certains appellent cela « l’intelligence artificielle », mais c’est un leurre. Il n’y a pas d’intelligence là-dedans. Il y a la froideur, la rigueur. Algo est un esclave il fait tout ce qu’on lui dit sans se poser des questions. Il est fait de zéro et un lui aussi comme le flot qu’il surveille. Il s’abreuve de ce que l’humain lui donne, le digère et s’enrichit dans la censure.

L’opinion est devenue comme ces machines, binaire. Il n’y a plus que le bon et le mauvais, le bien et le mal. C’est l’intelligence, artificielle celle là, que l’on veut nous vendre. L’opinion doit être tranchée, tu es pour ou tu es contre. Tu ne dois pas être en questionnement, tergiverser ; si tu commences à déclarer « oui mais.. »  Tu es catalogué aussitôt dans l’autre camp. C’est la génération Twitter où il faut donner une opinion tranchée en moins de mots possibles par manque de place. Il faudrait inventer un nouveau langage où un mot résumerait une idée où il n’y aurait pas de demie-mesure ; ce serait blanc ou noir. Les gens pensant gris seraient exclus de la toile, pas de temps à perdre avec les modérés ils sont des empêcheurs de penser clair. C’est le problème du référendum, difficile pour certains de trancher oui ou non sur une question générique.

L’ère de Big Brother arrive à son apogée, maintenant on a les outils pour mener l’information, à savoir qui est aux commandes ? Avec les médias mainstream on pouvait avoir un esprit critique, ne pas avaler tout ce qu’on nous servait.  Internet nous permettait justement de se retrouver entre gens qui voulaient être informés autrement. La récréation est finie, on va nous retirer notre outil ou plutôt le contrôler afin de nous faire croire qu’on a une liberté de parole.

Forgez-vous une opinion tranchée, non contradictoire ou alors restez muet.

Bienvenue dans le monde de la bien-pensance.

vendredi 28 août 2020

Attention! Censure

Je viens d’apprendre qu’on change le titre de « les dix petits nègres » d’Agatha Christie.

Quelqu’un disait, quand on parlait de déboulonner les statues : « Après les statues, on brulera les livres ! ». On y vient. Comment peut-on s’arroger le droit de modifier une œuvre sans l’avis de son auteur. Comment peut-on se sentir viser par ce genre de titre? Si on faisait un titre : « les blancs tous des connards ! ». Je ne me sentirais pas atteint dans mon intégrité, je ne fais pas partie d’un groupe, d’une couleur, je  suis un être humain et je vis avec plein d’humains autour de moi. Si un type veut faire un essai à partir de ce titre, qu’il le fasse, il en a le droit.

La bien-pensante va vaincre, elle va tout lisser, pas seulement le présent mais elle va réécrire l’histoire, l’arranger à sa sauce. Dans les livres il n’y aura plus que des gentils, surtout pas de phrases qui dérangent, des fois que le lecteur ne soit pas assez intelligent pour comprendre.

Il va falloir filtrer aussi internet, car, les livres, beaucoup ne connaissent plus ce genre de support. Ce que ne comprennent pas les défenseurs de cette censure c’est qu’il faut forcément des senseurs et là ils sont tout trouvés ces sont les GAFA qui nous diront ce qui est bien ou mal. Ils ont déjà beaucoup de pouvoir avec les données que nous leur avons données (c’est marrant données va avec données comme quoi c’était écrit d’avance). Ces géants de l’internet commencent même à filtrer les tweets du président Trump, c’est dire leur pouvoir. Ces gens ne veulent plus d’état car l’état ce sont eux. Bien venu chez Big Brother ; bizarre comment on passe si rapidement de la fiction à la réalité !

Pour en revenir à réécrire l’histoire, on avait déjà enlevé la cigarette à Luky Luke, pas grand-chose vous me direz ; moi j’ai lu ce héros, ce n’est pas lui qui m’a donné l’envie de fumer. Ce qui est grave dans ce genre de modification, c’est le fait que l’on prenne les gens pour des débiles ; mais les débiles ne sont pas ceux que l’on croit. Plutôt que d’enlever la cigarette il aurait fallu interdire la vente de celle-ci. Il est plus facile de gommer un livre que d’agir sur des empoisonneurs qui arrosent tous ces décideurs.
Pas facile de vivre dans ce monde car chaque mot que l’on dit peut nous trahir. Je mets au défit ces bons penseurs en les écoutant 24h/24 afin de savoir s’ils sont politiquement corrects.

On ne dira plus noir ni blanc, on peut aussi enlever ces couleurs et on déclarera tout le monde gris, j’aurais aimé coloré mais ça va créer des problèmes, les défenseurs du bleu vont se soulever pendant que les jaunes suivront comme d’habitude et que d’autres verront rouge.  Pour les juifs on peut en parler? Non plus ? D’accord ! Bon on peut critiquer les cons quand même ? Attention car si on s’attaque à la connerie des gens vont se sentir visé, ben oui ! Normal ; et là c’est du racisme.
 Il est vrai que l’on peut être tous gris et cons ça simplifie. 

J’écoutais le sketch de Pierre Desproges – On me dit que des juifs se sont glissés dans la salle !-  Nous sommes à des années lumière de ce temps là où on faisait la part des choses, Quel tollé cela ferait maintenant on en parlerait pendant des jours. Les gens étaient ils plus intelligents ? Je ne peux répondre ; ce que je sais c’est qu’ils étaient plus libres.
 
Le vocabulaire sera de plus en plus réduit, chaque mot étant suspect, je propose un seul mot « Bêêê ! »   C’est simple et ça veut tout dire.

Bon je vous laisse, faut que j’aille bruler mon bouquin « les dix petits nègres » avant que la milice arrive.