dimanche 2 juin 2019

Michel Serre

Michel Serre je l'écoute depuis plus de trente ans.

J’ai dû voir à peu près toutes ses conférences sur youtube, étonné surtout par sa réflexion sur le monde.

C'est un optimiste, à ceux qui montrent notre monde actuel comme violent, il répond que lui, étant né en 1930, il a traversé des catastrophes bien plus grandes avec des millions de morts et que maintenant, bien que violent, notre monde n’est pas comparable à celui du début de sa vie.

Michel Serre est la définition même du philosophe ; pas ceux qui passent leur temps sur les plateaux de télévision à discuter et réagir sur l’instant présent ;  non lui est un penseur, il réfléchit et trouve les mots pour nous expliquer.

Je l’entends encore  disserter sur certains de ces mots, il prenait toujours leur étymologie pour faire comprendre notre contexte sur terre; c'est fabuleux comment avec lui les mots nous parlent.
Dans "le  temps des crises"  conférence en Belgique qu’on retrouve sur youtube, il  disserte sur le mot « crise » et arrive par ce biais à nous expliquer le pourquoi du monde d’aujourd’hui.

Enseignant à Standford il est notre professeur, d’un autre âge,  il se sert des moyens technologiques de maintenant pour nous abreuver de son savoir. Il écrit plusieurs livres sur la façon dont il voit internet et les possibilités extraordinaires de ce média.
C'est un homme de notre époque.

Je ne vais pas faire un long discours sur un maître comme lui, mon maître.
Ce serait irrespectueux.

Pour mieux le connaître, je vous conseille, comme j’en parle plus haut, sa conférence sur le temps des crises : https://www.youtube.com/watch?v=R_lq-1z7g00
Après une introduction du présentateur il parle pendant plus d’une heure, nous montrant comment a basculé notre vie au vingtième siècle.

On lui reproche souvent son optimiste, contrant le « c’était mieux avant! »  c’est discutable mais il a les arguments.

Si j’ai à lui reprocher quelque chose, c’est le fait que je n’ai pas pu finir un livre de lui que j’avais acheté il y a trente ans « le tiers instruit » il m’a paru imbuvable par rapport à la limpidité de ses conférences. Peut être faudrait-il que je le relise, connaissant mieux l’auteur.

Voila un penseur s’en est allé. Je l’écoutais encore il y a dix jours en direct sur Arte et me disais que malgré un corps abimé, il avait un cerveau qui fonctionnait à merveille.

En fait avec son accent Gascon, je le perçois comme un grand père assis sur une pierre avec ses mains posées sur sa canne, nous infusant sa sagesse.

dimanche 12 mai 2019

Election piége...

34 listes pour les européennes c’est aberrant.

Les jeux sont déjà fait, ce sont Macron, Le Pen qui arriveront en tête, seul l’ordre n’est pas encore fixé.

Pourquoi les partis politiques de gauche ne s’allient pas pour aller à ce genre d’élection ? Je pense que c’est juste une question de personnalité et d’égoïsme.

On préfère prendre une claque plutôt que mettre son ego de côté et s’allier avec quelqu’un qui défend les mêmes idées et les mêmes personnes. Les têtes de liste sont intéressées par un poste de député, être peinard pendant cinq ans et tant pis pour les électeurs. Yannick Jadot, par exemple, se fout de l’écologie il veut être député où il n’aura aucun pouvoir.

J’écoutais Aubry de La France Insoumise, comment une personne si jeune en arrivent-elle à imiter les vieux politicards, quand on va dans ce genre de meeting on y va pour se faire plaisir sachant qu’il n’y aura que des sympathisants pour applaudir n’importe quoi.

Je croyais que tous ces jeunes, nouveaux venus dans la politique, changeraient les choses mais, au contraire, ils accentuent les caricatures des anciens.

A quoi servent les gilets jaunes si on assiste à la même finale qu’en Mai  2017?

Ceci prouve, une fois de plus, qu’on n’est pas dans une vraie démocratie représentative.

Alors allez voter ou pécher là, vous avez le choix.

dimanche 24 mars 2019

Le discours de l'évolution

Les gilets jaunes manifestent toujours ; le pouvoir, lui, est passé à autre chose. Il y a encore quelques soubresauts, des violences, des bavures ; mais qu’importe.

Macron a utilisé le grand débat afin d’avoir une tribune. En tribun qu’il est, il excelle dans ce domaine et est capable de capter l’attention des interlocuteurs  pendant des heures.

Il y a un discours insinueux  dans ce que nous disent les gens du pouvoir. On l’entend à peine quand on écoute un responsable, mais avec l’ère informatique, si on visionne un ensemble d’extraits, on peut être interloqué par l'élocution et surtout les mots choisis.

Pour fixer le décor, il y a deux parties : la masse, le peuple et les gens qui savent, ceux qui pensent que le néolibéralisme et la mondialisation sont la seule voie de l'évolution de l'homme, un monde ou le profit fait loi et foi.

Mais voilà la masse n’est pas facile à bouger donc il faut l’éduquer. On entend dire « Il faut de la pédagogie !». Pédagogie en Grec veut dire « mener l’enfant, l’accompagner ». Là on commence à comprendre, qu’il y a ceux qui détiennent la vérité et ceux qui ne savent pas, qu’il faut donc éduquer. 
Dans un des épisodes du grand débat on entend Macron dire à des personnes âgées : « il faut se bouger les enfants! c'est pas open bar! ». Avec Macron on n’est pas déçu, on comprend ce qu’il pense ; on sait maintenant  qu’il y a des enfants, nous,  et des éducateurs, eux.

La France a du retard nous assène-t-on, alors on parle de  « capacité d’adaptation »,  c’est important ; ceux qui ont cette capacité vont réussir les autres resteront sur le côté, c'est la loi de l'évolution de Darwin. Des êtres qui s'adaptent et d'autres qui meurent.

Les suivre pour aller où?  On ne sait pas. On nous dit pourtant qu’il faut maintenir le cap quoiqu’il arrive. C’est bien d’avoir un cap, mais le maintenir coûte que coûte peut être dangereux, un bateau dans une tempête doit parfois changer de cap.

Enfin si on veut réussir il faut avoir de la flexibilité, être flexible avant tout c’est être docile, changeant,  suivre ce que l’on nous dit. C’est ce que nous demande le pouvoir.

En fait le pouvoir voudrait modeler le peuple, qu'il change de comportement, qu'il comprenne que la seule issue est la mondialisation.

Voila ces expressions reviennent en boucle dans les médias et dans un mouvement lancinant elles s'installent dans la tête des gens, les culpabilisant.


Il existe heureusement des émissions sur le net pour décrypter tout ce langage, j'ai écouté une émission sur le darwinisme social sur le site :https://www.arretsurimages.net/

lundi 18 février 2019

Au revoir Papa, Maman!


Les députés ont voté un amendement établissant que les mentions de père et mère seront remplacées par « parent 1 » et « parent 2 » dans les formulaires de l’école.

Le petit garçon demande: « tu peux m’emmener au foot » parent 2 lui répond  « demande à parent 1 ».

Sachant que 95%, au moins, des enfants ont un père et une mère, je ne vois pas pourquoi on suivrait le désir de lobbies de casser la famille. C’est la dictature de la minorité au dépend de la majorité silencieuse. Parent 1 ou 2 n’est pas l’idéal car il indique une notion de hiérarchie. On demandera bientôt dans un ménage à trois d’avoir un parent 3, l’avantage là est que c’est illimité.

Je ne sais pas si c’est une bonne ou mauvaise chose mais je pense que c’est inéluctable.
Depuis quelques années des groupes veulent se libérer de la famille disant qu’un enfant n’a pas besoin d’un père et d’une mère  mais peut être élevé dans une autre structure. Les homosexuels défendent leur droit à avoir des enfants, quelque soit le moyen de l’obtenir.

Bientôt, dans pas très longtemps, on pourra acheter son enfant. Nous n’aurons plus besoin d’un homme et d’une femme pour procréer. Ce mode sera has-been. Il suffira d’aller dans un labo pour choisir les bons « ingrédients" . Des photos, des caractéristiques sur le potentiel avenir  de l’enfant seront disponibles avant la « fabrication ».

Plus tard encore on pourra aller sur internet pour se faire livrer son enfant choisit dans un catalogue.
Peut être  utilisera-t-on  des cigognes pour les livrer chez vous !!!

L’ennui dans tous cela, c’est qu’on ne laissera plus le hasard, la différence agir. Nous aurons des prototypes de plus en plus sélectionnés pour en arriver à un modèle unique.


lundi 14 janvier 2019

Démocratie?

Démocratie :Régime politique dans lequel le peuple exerce la souveraineté.
Je ne vois pas un pays qui applique ce régime de nos jours, peut-être je me trompe.

On oppose souvent la démocratie à la dictature, il est vrai qu’au cours du vingtième siècle nous avons été servi question dictature. Cela ne justifie à aucun moment de dire que ce qui n’est pas dictature est démocratie.
Le peuple souverain cela n’a jamais existé en France, si ce n’est en période de révolution et encore.

Avec la cinquième république nous avons vu arriver une oligarchie. Les politiques sortent de la même école. Gauche et droite sont sur le même banc puis,une fois le diplôme en poche, on choisit son camp  sans vraiment une conviction politique prononcée.
Seul De Gaulle a utilisé tous les outils de la constitution pour demander l’avis au peuple.
D’abord la dissolution (Chirac après aussi ! mais ...) et surtout le référendum avec à la clé une démission. Au contraire en 2015 nous avons eu un référendum sur l’Europe où la majorité a voté contre; on n’a pas écouté le peuple, on est passé outre.

Le peuple élit, il ne vote pas.

Macron a été élu avec moins de trente pour cent des électeurs, comment peut-on donner tous les pouvoirs à un homme qui n’est pas plébiscité par au moins la moitié de la population ? Pendant cinq ans on aura des lois votées pour des gens qui n’ont pas élus ces dirigeants. Il y a une coalition entre les différents partis pour se partager le pouvoir, et on brandi le spectre du front national pour que les électeurs votent pour le moins pire.

Le pire dans cette forme de démocratie c'est que l’élite est déconnectée du peuple. L’élite, forte de son pouvoir, méprise les classes sociales du dessous ; « les sans-dents ! » de Hollande « les gens qui ne sont rien ! » de Macron. Comment ces élites peuvent-elles comprendre les gens d’en bas, ils n’ont vécu que dans un monde protégé, la plus part n’ont pas eu à se soucier de boucler les fin de mois. Avec arrogance Macron donne des leçons de vie qu’il ne sait pas.

Une oligarchie donc, des gens haut placés qui ont le pouvoir et ne veulent pas le céder. Ces gens sont aidés par une presse détenue par des milliardaires. Des gens qui défendent leurs intérêts avant l’intérêt d’un pays. Avec ceux qui tournent autour du pouvoir, ces lobbies, ces énarques qui font l'aller retour public, privé; comment voulez-vous qu'il n'y ait pas de conflits d’intérêt? Carlos Ghosn est l'exemple flagrant il est en France dans un paradis fiscal, heureusement que le japon fait son travail.
Des milliards pourraient être récupérés et au lieu de ça on fait des économies sur les services sociaux, on taxe les classes moyennes.

Alors comment faire ? La solution n’est pas simple. En leur temps, les Athéniens utilisaient le tirage au sort pour que le peuple soit présent dans les décisions. Chacun désignait une ou deux personnes capables de les représenter, un tirage au sort était fait pour en extraire un représentant au niveau de la commune, puis au niveau plus haut et ainsi de suite. Voir sur internet pour plus d’infos.
Solution extrême et compliquée à mettre en œuvre à notre époque. Le but est quand même de consulter les gens le plus possible. Les référendums peuvent servir de consultation mais ce n’est pas la panacée. Déjà compter les bulletins blancs et avoir un quorum (45 ou 50% des voix) pour être élu.
Avoir une assemblée représentative avec la proportionnelle. Pouvoir révoquer un élu avec des règles strictes.

Enfin le « Grand débat » ,espérons le, débouchera sur des idées.

Les gilets jaunes ont lancé le débat et c’est à leur honneur. Il faudrait élargir cependant et abandonner ce terme de « gilets jaunes » pour arriver à avoir une majorité de citoyens qui pourrait imposer des réformes, et servir de contre pourvoir.